La forme des robots à venir

Au final, conclut Fumiya Iida, il est difficile de savoir si les robots à l’avenir ressembleront plus à des animaux plutôt qu’à R2D2 ou C6PO. Ce qui est certain, c’est que la dynamique mécanique joue un rôle important. “La forme des robots à venir va dépendre de leur stabilité, de la vitesse, de l’efficacité énergétique, de leurs capacités d’apprentissage et surtout de la diversité des comportements qu’on voudra leur faire prendre.”

Ils vont dépendre de cette “mécanique dynamique” que Fumiya Iida définit difficilement, comme les différents mouvements dont notre corps est capable, sans utiliser nécessairement les moteurs musculaires, comme quand on balance un bras ballant ou quand la jambe s’articule quand on marche. Si le corps humain est toujours sous contrôle, lui, peut-être que les ressorts mécaniques peuvent aider les robots à fonctionner mieux, en complément des moteurs qui les actionnent. Le but n’est pas de faire des robots qui ressemblent aux animaux, mais qui se comportent comme eux, de façon familière plus que mécanique. Que nous ayons envie de robots avec une forme humaine, et ce d’autant plus qu’on imagine qu’ils vivront avec nous et dans des environnements bâtis pour l’homme, n’en fait pas un passage obligé.

James Auger est designer et enseigne au département d’interaction du Royal College of Art de Londres (RCA) où il s’occupe de la recherche . Il n’est pas roboticien, prévient-il comme pour s’excuser, ce qui ne l’empêche pas d’être concepteur de robots, comme il nous l’avait magnifiquement expliqué à Lift en 2009. La promesse des robots domestiqués, auxquels nous rêvons depuis 70 ans, s’apprête à devenir une réalité (voir sa présentation (.pdf)). Ils commencent à pénétrer nos espaces les plus familiers, franchir la porte de nos maisons. Pour autant, il n’est pas simple de deviner à quoi ils ressembleront. Quand on demande à un architecte à quoi ressemblera le bâtiment du futur, on devine vite qu’il faut un contexte pour l’imaginer. Les rêves technologiques incarnent la propension des technologies à aller au-delà de ce qui est faisable comme l’explique George Basalla dans L’évolution de la technologie. Toute technologie avancée ne peut-être distinguée de la magie. Mais les robots n’ont pas encore pénétré nos maisons, et le rêve ne cesse d’être redéfini encore et encore par les techniciens.

Comment les robots doivent-ils être dans nos maisons ? Quand on fait de la conception de robots, il faut réfléchir à leur véritable présence. Et James Auger de nous inviter à regarder nos compagnons domestiques, les chiens, exemple parfait de domestication, qui, en 15 000 ans sont passés d’animaux sauvages à des bêtes qui couchent dans nos lits. Quand on observe l’évolution des ordinateurs de l’EDSAC à l’iMac, on voit qu’il y a bien une domestication à l’oeuvre. L’ordinateur s’est intégré à nos environnements familiaux, explique-t-il en faisant référence aux travaux de James Gibson. Il en sera de même pour les robots, prédit James Auger.

http://www.lemonde.fr/imprimer/article/2011/04/08/1505159.html

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